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EN BREF
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La diminution de l’empreinte carbone liée au scope 3 dans l’industrie présente des défis significatifs, en raison des particularités de ce secteur. Les émissions indirectes proviennent principalement des achats de matières premières, du transport de marchandises et des investissements en biens d’équipement. Par exemple, dans l’industrie automobile, plus de 94 % des émissions de gaz à effet de serre sont reliées au scope 3. La répartition doit orienter les stratégies de décarbonation, mettant l’accent sur les fournisseurs d’intérieur. La complexité des chaînes d’approvisionnement complique encore la situation, faisant des fournisseurs de rang 2 un défi, car ils représentent 34 % des émissions. Depuis le 1er janvier 2023, l’inclusion du scope 3 dans les bilans GES est devenue une obligation réglementaire, accentuant l’importance d’une approche holistique pour la lutte contre le changement climatique.
La question de la diminution de l’empreinte carbone est de plus en plus cruciale dans le cadre de la lutte contre le changement climatique. En particulier, le scope 3, qui englobe toutes les émissions indirectes liées aux activités d’une entreprise, représente un enjeu majeur pour l’industrie. Il est souvent négligé par rapport au scope 1 et 2, qui se concentrent sur les émissions directes et les achats d’énergie. Cet article vise à explorer les défis associés à la réduction des émissions du scope 3, ainsi que les solutions innovantes que les entreprises peuvent adopter pour leur transformation durable.
Les enjeux du scope 3 dans l’industrie
Le scope 3 représente une part significative des émissions de gaz à effet de serre (GES), en particulier dans le secteur industriel. Contrairement au secteur tertiaire, où les émissions proviennent principalement des déplacements professionnels, l’industrie manufacturière se distingue par ses émissions issues de trois principales sources : les achats de matières premières, le transport de marchandises et les investissements en biens d’équipement.
Par exemple, dans l’industrie automobile, plus de 94 % des émissions proviennent du scope 3, mettant en évidence l’importance de cette catégorie. Une analyse approfondie révèle que l’intérieur d’un véhicule représente 34 % des émissions, suivi par le groupe motopropulseur avec 31 % et la carrosserie à 26 %. Cette répartition des émissions est essentielle pour orienter les stratégies de décarbonation et souligne la nécessité de cibler les fournisseurs clés, en particulier ceux qui fournissent des composants intérieurs.
Comprendre la complexité des chaînes d’approvisionnement
Un des défis majeurs dans la gestion des émissions du scope 3 réside dans la complexité des chaînes d’approvisionnement. Les entreprises doivent travailler avec divers fournisseurs à plusieurs niveaux, ce qui complique la collecte et l’analyse des données sur les émissions. Les études montrent que les fournisseurs de rang 2 contribuent à 34 % des émissions du scope 3, tandis que les fournisseurs de rang 1 et 3 représentent respectivement 14 % et 26 %.
Cette distribution des émissions remet en question l’approche traditionnelle qui se concentre principalement sur la collaboration avec les fournisseurs de premier rang. Pour une stratégie de réduction de l’empreinte carbone plus efficace, les entreprises doivent élargir leur évaluation et leur engagement à l’ensemble de leur chaîne d’approvisionnement. Cela implique de mettre en place des méthodes rigoureuses pour estimer et optimiser les émissions de tous les niveaux de fournisseurs.
Les implications réglementaires et leur impact
Depuis le 1er janvier 2023, les entreprises ont l’obligation d’intégrer les émissions du scope 3 dans leurs bilans d’émissions de GES. Cette évolution réglementaire impose aux industries de prendre des mesures proactives pour surveiller et réduire ces émissions. L’intégration obligatoire du scope 3 accentue son caractère essentiel dans la lutte contre le changement climatique, et les entreprises doivent maintenant s’adapter à de nouvelles exigences pour rester en conformité tout en poursuivant leurs objectifs environnementaux.
De plus, cette obligation réglementaire peut également servir de catalyseur pour une innovation accrue dans le domaine de la durabilité. Les entreprises qui adoptent une approche proactive dans le suivi et la réduction de leur empreinte carbone peuvent bénéficier d’un avantage concurrentiel sur le marché.
Solutions innovantes pour réduire l’empreinte carbone du scope 3
Dans ce contexte, des solutions innovantes émergent pour aider les entreprises à réduire leurs émissions du scope 3. Voici quelques approches qui ont montré leur efficacité :
Collaboration avec les fournisseurs
Travailler en étroite collaboration avec les fournisseurs est crucial pour réduire l’empreinte carbone. En établissant des partenariats stratégiques, les entreprises peuvent aligner leurs objectifs de durabilité avec ceux de leurs fournisseurs, ce qui peut conduire à des pratiques d’approvisionnement plus durables et à une réduction significative des émissions.
Intégration de nouvelles technologies
L’utilisation de la technologie peut également jouer un rôle clé dans la réduction de l’empreinte carbone. Des outils avancés pour analyser les données sur les émissions, mettre en place des systèmes de suivi et utiliser des plateformes pour la collaboration en ligne permettent d’accroître l’efficacité et de réduire les émissions dans toute la chaîne d’approvisionnement.
Intermodalité du transport
Optimiser les modes de transport à travers l’utilisation de solutions intermodales est une autre méthode pour réduire les émissions. Par exemple, combiner le transport ferroviaire avec celui routier peut conduire à une diminution significative des GES dans la logistique. De plus, en choisissant des opérations de transport plus écologiques, les entreprises peuvent améliorer leur impact environnemental.
Écoconception des produits
L’écoconception est un processus qui prend en compte l’impact environnemental des produits tout au long de leur cycle de vie. En intégrant des principes de durabilité dans la conception des produits, les entreprises peuvent réduire les besoins en matières premières, diminuer les déchets et, par conséquent, réduire les émissions associées.
Investir dans la compensation carbone
Bien que la priorité soit de réduire les émissions, il est également crucial de considérer des solutions de compensation carbone. Cela peut inclure l’investissement dans des projets de reforestation ou des initiatives d’énergie renouvelable, qui peuvent aider à compenser les émissions que les entreprises ne peuvent pas éliminer immédiatement.
Exemples concrets de réussite
De nombreuses entreprises prennent des initiatives remarquables pour réduire leur empreinte carbone. Par exemple, un certain nombre de multinationales ont développé des programmes complets visant non seulement à réduire leur propre empreinte, mais aussi à soutenir leurs partenaires commerciaux dans leur parcours de durabilité.
Dans ce contexte, certains cas de réussite font la une des journaux. TotalEnergies, par exemple, a annoncé une réduction de plus de 2 % de son empreinte carbone pour la deuxième année consécutive. Des stratégies efficaces ainsi que l’intégration du scope 3 dans son business model démontrent l’efficacité d’une approche proactive.(source)
Shift Technology est un autre exemple à considérer, ayant mis en œuvre une stratégie multifacette pour diminuer son empreinte carbone. De l’optimisation de ses processus internes à la sensibilisation des partenaires, l’entreprise illustre parfaitement que la réduction des émissions du scope 3 est possible grâce à une vision intégrée.(source)
Vers un avenir durable pour l’industrie
Alors que le monde se rapproche de plus en plus des limites climatiques critiques, il est impératif que les industries adoptent des stratégies audacieuses pour réduire leur empreinte carbone, surtout celle du scope 3. En adoptant des solutions innovantes et en collaborant avec les partenaires de la chaîne d’approvisionnement, les entreprises peuvent non seulement se conformer aux réglementations mais également contribuer de manière significative à un avenir durable.
De plus, la montée des préoccupations des consommateurs et des investisseurs concernant la durabilité exigera des entreprises qu’elles soient transparentes sur leurs émissions de GES et mettent en œuvre des méthodes permettant de réduire ces émissions. Cela incitera les entreprises à devenir plus vigilantes sur leur impact environnemental et à renforcer les délais pour des améliorations significatives dans leurs pratiques.
Dans le contexte actuel, où des analyses approfondies des émissions de gaz à effet de serre sont requises, les entreprises doivent aussi s’impliquer dans le suivi et l’évaluation de leur impact environnemental.(source) La mesure de l’impact environnemental devient ainsi un levier de transformation pour identifier les opportunités de réduction des émissions, offrant ainsi un avantage clair pour les entreprises prêtes à s’engager dans cette voie.
Enfin, la sensibilisation et l’implication des jeunes et des communautés dans cette démarche peuvent engendrer des changements culturels nécessaires pour un avenir durable. Des initiatives comme celle des jeunes interconfessionnels du Kenya, qui s’unissent pour réduire leur empreinte carbone, montrent l’importance d’un engagement communautaire fort dans la lutte contre le changement climatique.(source)
La réduction de l’empreinte carbone du scope 3 représente non seulement un défi, mais aussi une opportunité majeure pour les industries de se réinventer. En adoptant des pratiques durables et en engageant leur chaîne d’approvisionnement, les entreprises peuvent non seulement faire face à la réglementation, mais aussi jouer un rôle clé dans la transition vers un monde plus durable.
Il est clair que l’industrie a le pouvoir de transformer son impact sur l’environnement. Avec la bonne approche, l’engagement et l’innovation, il est possible de réaliser une transition vers un modèle économique plus respectueux de l’environnement.

Dans le secteur de l’industrie manufacturière, les enjeux liés au scope 3 sont souvent sous-estimés, bien qu’ils représentent une part significative des émissions de gaz à effet de serre (GES). Par exemple, dans l’industrie automobile, un constat alarmant révèle que plus de 94 % des émissions proviennent de ce scope. Cela pose des défis majeurs pour les entreprises qui cherchent à réduire leur impact environnemental.
Une entreprise du secteur automobile a partagé son expérience en matière de réduction des émissions de son scope 3. En ciblant spécifiquement les sous-traitants au rang 2, elle a réussi à diminuer ses GES de manière significative. En comprenant que 34 % de leurs émissions provenaient de ces fournisseurs, ils ont révisé leur stratégie d’approvisionnement pour privilégier ceux qui adoptent des pratiques durables.
De plus, une autre entreprise spécialisée dans la production de biens d’équipement a mis en place une approche innovante en collaborant étroitement avec ses fournisseurs de matières premières. Grâce à des initiatives de co-développement, ils ont élaboré des matériaux moins polluants, réduisant ainsi leur empreinte carbone de façon exponentielle. Cette coopération a non seulement permis de réduire les émissions, mais a également renforcé les relations commerciales.
Face à la complexité des chaînes d’approvisionnement, certaines entreprises adoptent des technologies avancées, telles que l’intelligence artificielle, pour optimiser leurs logistiques et réduire les distances de transport. Cela a permis de diminuer de 20 % les émissions liées aux transports de marchandises en identifiant des solutions logistiques plus écologiques et efficaces.
Avec l’entrée en vigueur des nouvelles réglementations obligatoires sur l’intégration du scope 3 dans les bilans GES depuis le 1er janvier 2023, ces témoignages soulignent l’importance grandissante des efforts de décarbonation dans le secteur industriel. Les entreprises doivent s’adapter et innover pour répondre à ce défi pressant, en se concentrant sur leurs fournisseurs et sur des pratiques durables pour un avenir plus vert.



