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EN BREF
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Depuis l’arrivée de Donald Trump, la BPI a dû adapter sa communication envers les dirigeants d’entreprise en évitant des termes tels que climat, vert, et nature. Cette évolution linguistique est due à un contexte politico-médiatique moins favorable aux questions écologiques. Les chargés d’affaires se concentrent désormais sur des termes financiers comme Ebitda et trésorerie afin de dialoguer sur des enjeux économiques. Malgré ce changement de vocabulaire, la BPI continue d’encourager la transition écologique en mettant en avant les bénéfices financiers de ces initiatives. L’accent est mis sur la réduction des coûts, des risques, et la découverte de nouvelles opportunités de revenus, montrant ainsi que l’aspect financier reste central dans leur approche.
Dans le contexte actuel de la transition écologique, la BPI (Banque publique d’investissement) a dû revoir son approche linguistique face aux évolutions politiques et médiatiques. Certains termes comme « climat », « vert » et « nature » ont été remplacés par un vocabulaire tourné vers l’humain et l’économique, tandis que l’institution continue d’investir massivement dans des projets écologiques. Cet article explore les raisons de cette transformation linguistique et les conséquences sur les initiatives de la BPI en matière de transition écologique.
Changement de contexte et montée des résistances
Depuis quelques années, la perception des enjeux environnementaux a évolué. Auparavant considérée comme une priorité indiscutable, la transition écologique est désormais sujette à des débats souvent passionnés. Ce phénomène, souvent nommé « backlash », pousse les institutions, y compris la BPI, à adapter leur message. La BPI, qui a lancé un plan climat ambitieux en 2024 avec 35 milliards d’euros d’investissements, doit précisément naviguer dans ce nouvel environnement où des termes associés à l’écologie sont devenus moins attractifs pour certains acteurs.
Le directeur général de la BPI, Nicolas Dufourcq, a souligné que malgré les évolutions du contexte, l’institution a réussi à mobiliser 6,3 milliards d’euros en 2025 pour accompagner la transition écologique des entreprises. Cela témoigne d’un engagement fort envers l’écologie, même si le langage utilisé pour communiquer ces efforts a changé, marquant un réel rapport au pouvoir financier et à la rentabilité.
Révision de la communication interne et externe
Pour s’adapter à la nouvelle dynamique, les chargés d’affaires de la BPI ont été formés à modifier leur discours. Isabelle Albertalli, directrice climat de la banque, explique que des termes tels que « climat », « vert », et « nature » sont désormais évités dans leurs échanges avec les dirigeants d’entreprise. En effet, le discours a été réorienté vers les enjeux économiques, comme l’Ebitda, la trésorerie et les coûts. Cela représente un changement de paradigme considérable par rapport à l’approche plus positive que l’on pouvait avoir envers la transition écologique auparavant.
Cette évolution des mots reflète une nécessité de rassurer les entreprises sur le plan économique, tout en poursuivant des objectifs environnementaux. La BPI s’engage à ce que l’investissement dans des projets durables soit aussi synonyme de résultats financiers tangibles. Les mots choisis pour décrypter les enjeux environnementaux doivent donc résonner avec les motivations économiques des entrepreneurs.
L’impact sur les entreprises clientes
Bien qu’il y ait un changement dans le langage, les motivations des entreprises pour initier une transition vers plus de durabilité restent. Isabelle Albertalli note trois principales raisons qui poussent les entreprises à agir : la réduction des coûts, la diminution des risques, et la recherche de nouveaux revenus. Un quart des ETI industrielles françaises ont déjà souscrit à des diagnostics proposés par la BPI, signalant une volonté manifeste de s’adapter aux nouvelles normes.
Les diagnostics de la BPI permettent aux entreprises de comprendre leur empreinte carbone et d’évaluer leurs risques face au changement climatique. Cette approche est particulièrement utile, car un an après avoir réalisé un bilan carbone, les entreprises constatent une économie d’énergie de 17 % en moyenne, ce qui équivaut à environ 23 000 euros de moins sur leur facture annuelle. Ces résultats concrets démontrent que les entreprises peuvent bénéficier de la transition écologique, irrespective du vocabulaire utilisé pour en parler.
Des innovations pour soutenir la transition
Malgré les défis liés au changement de discours, la BPI continue d’être un moteur d’investissement dans des technologies vertes et des solutions innovantes. En 2025, la banque a consacré 2,5 milliards d’euros pour soutenir des nouvelles technologies, représentant une part significative des deeptechs françaises. Cette attention portée à l’innovation montre que, même à travers un linguage plus financier, la BPI demeure engagée envers les objectifs environnementaux.
Cette dynamique ne semble pas affecter le nombre de greentechs en France, qui est resté constant avec environ 2 900 entités recensées. Cependant, les levées de fonds ont connu une baisse significative, atteignant uniquement 1,3 milliard en 2025. Cela illustre les défis inhérents à la recherche de financement pour des projets innovants liés à l’écologie, accentués par un contexte politique moins favorable.
Les attentes des industries face à l’incertitude
Les producteurs d’énergie décarbonée, par exemple, se retrouvent dans une situation légèrement précaire, en raison de l’incertitude entourant la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3). Cette absence de visibilité sur les marchés et le prix de l’électricité peut conséquent conduire certaines industries à retarder leurs investissements dans la décarbonation. La BPI, consciente de ces enjeux, continue cependant de plaider pour l’importance de l’anticipation dans la prise de décision.
Il apparaît essentiel que les industries s’engagent sur le chemin de la transition, non seulement pour améliorer leur rentabilité, mais aussi pour renforcer leur résilience face aux enjeux climatiques futurs. Ainsi, la BPI encourage les entreprises à comprendre que le passage à des modèles d’affaires plus durables peut également adresser la question des risques financiers à long terme.
Un avenir tourné vers l’innovation et la durabilité
Malgré les fluctuations du marché financier et les défis liés au climat, la BPI demeure optimiste quant à l’avenir des initiatives environnementales. Les tendances observées aux États-Unis, notamment celles liées à l’IA verte, offrent des perspectives encourageantes pour l’innovation et le financement dans le domaine des écotechnologies. Isabelle Albertalli estime que les greentechs françaises continueront à croître en 2026, avec une attention accrue sur le besoin d’économiser de l’énergie.
La guerre en Iran et ses conséquences géopolitiques incitent également les entreprises à rechercher davantage de résilience à travers des solutions plus durables. Ce contexte favorable pourrait encourager davantage de PME et d’ETI à investir dans des pratiques écologiques, moteur essentiel de changement dans la société.
Conclusion sur la transformation linguistique et ses implications
Le changement de vocabulaire de la BPI, où des termes comme « climat », « vert » et « nature » disparaissent, témoigne d’une adaptation nécessaire à un nouvel environnement économique où la priorité est donnée à la rentabilité immédiate. Cependant, cette évolution ne diminue en rien l’engagement de l’institution envers la transition écologique et l’innovation. En renforçant les bases économiques et financières, la BPI espère, tout en modifiant son discours, continuer de jouer un rôle clé dans la promotion de la durabilité et de la résilience des entreprises face aux défis ecologiques. Cela montre que même un changement de vocabulaire ne signifie pas un abandon des objectifs environnementaux, mais plutôt une révision stratégique pour mobiliser les investisseurs vers un futur plus durable.

Les mots qui s’effacent : l’évolution du langage à la BPI
Dans un contexte où le discours écologique connaît un backlash, la BPI (Banque publique d’investissement) a dû revoir son vocabulaire pour mieux s’adapter à la réalité économique. Comme l’explique Isabelle Albertalli, directrice climat de la banque, « depuis l’arrivée de Donald Trump, nous avons changé notre façon de parler aux dirigeants. Il y a des mots qu’on n’utilise plus du tout comme climat, vert, nature ». L’emploi de termes associés à la transition écologique a donc été limité, au profit de discussions axées sur des indicateurs financiers tels que l’Ebitda, la trésorerie ou les coûts.
Cette évolution du langage est aussi une réponse à un environnement économique moins favorable aux enjeux écologiques. Les chargés d’affaires ont constaté qu’en insistant sur les bénéfices financiers immédiats de la transition écologique, ils parvenaient à convaincre les dirigeants d’entreprises d’initier des changements. Isabelle souligne que « les entrepreneurs que nous rencontrons ont trois raisons principales d’initier une transition : la réduction des coûts, la réduction des risques et l’opportunité de trouver de nouveaux revenus ».
Malgré ce changement de vocabulaire, la BPI n’a pas reculé dans son rôle de soutien à la transition énergétique et écologique. En 2025, l’institution a mobilisé 6,3 milliards d’euros pour aider les entreprises à évoluer. En prouvant aux entreprises que cette transition peut entraîner de réelles économies, la BPI montre que le concept de développement durable reste pertinent, même si le langage a changé.
Avec plus de 3 000 entreprises engagées dans la transition en 2025, les résultats parlent d’eux-mêmes. Après avoir réalisé un bilan carbone, ces entreprises ont réussi à économiser en moyenne 17 % de leur consommation d’énergie, ce qui se traduit par des économies de près de 23 000 euros par an. Cette démonstration pragmatique permet aux acteurs économiques de réévaluer la valeur de la transition, même dans un contexte où les termes associés sont moins valorisés.
Pour la BPI, la clé réside dans cette capacité d’adaptation, en orientant les discours vers des résultats palpables et financiers, tout en poursuivant ses efforts pour accompagner la transition verte. Dans un écosystème où le développement durable doit encore se faire un nom, l’institution demeure optimiste quant aux perspectives d’avenir dans le secteur des greentechs et de l’innovation.



